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Une histoire d'eau : le balancier hydraulique de Châteauvieux.
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Par
Yves MÉNAGER
Maire de Châteauvieux (41)
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Châteauvieux : un village d'environ six cents habitants situé au sud du Loir-et-Cher, en limite de l'Indre et de l'Indre-et-loire, site inscrit, soumis au règlement d'une Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (Z.P.P.A.U.P), superficie de 3348 hectares dont 1000 hectares de forêt et un peu plus de 200 hectares de vignes.
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Châteauvieux recèle sur son territoire un grand nombre de sources, d'étangs et trois cours d'eau principaux, simples ruisseaux, dont les crues peuvent parfois être sévères, qui ont alimenté dans le passé des moulins.
Le principal cours d'eau qui traverse le bourg est formé par les deux
ruisseaux principaux : il assurait le fonctionnement d'au moins quatre
moulins à grain et un moulin à tan.
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Ce dernier avait été installé en dérivation sur un bief. Il fournissait la matière nécessaire au fonctionnement de tanneries qui étaient alors nombreuses dans la région. Au cours du premier tiers du XIXe siècle, un incendie ravagea le logis du meunier et affecta le moulin qui fut vraisemblablement détruit.
Cet ensemble appartenait, comme une grande partie du village, au propriétaire du château situé sur le piton rocheux qui domine le village. Celui-ci était alors Gaston ANDRAL, gendre du conventionnel Pierre Paul ROYER-COLLARD. Il semble que c'est lui qui décida d'installer vers 1850 une pompe permettant d'approvisionner le château en eau potable, cette eau étant destinée également à la lutte contre les incendies et à l'entretien du jardin.
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La configuration du terrain ne permettait sans doute pas d'installer la pompe la plus courante dans un cas semblable : le bélier à eau. Monsieur ANDRAL fit appel à la société SAMAIN de BLOIS qui, entre autres produits, construisait un balancier hydraulique. Ce modèle avait été sans doute conçu au cours du premier quart du XIXe siècle par un ingénieur des cristalleries de BACCARAT, Monsieur DARTIGUES.
Un mémoire de l'Académie des sciences de 1827 commente en effet favorablement le modèle mis au point par cet inventeur en le comparant à des machines à eau antérieures. Il semble que trois ou quatre exemplaires de ce balancier furent alors construits. Celui-ci fut mis en oeuvre vers 1850.
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Le balancier hydraulique de Châteauvieux est installé au-dessus d'une réserve d'eau très importante. Deux pistons solidaires des deux plateaux du balancier plongent dans ce puits. L'eau du ruisseau, amenée par un canal, est distribuée alternativement dans chacun de ces plateaux, provoquant ainsi le mouvement des pistons selon le fonctionnement classique d'une pompe : aspiration-refoulement.
Quand un plateau se vide au moyen de quatre clapets qui s'ouvrent en touchant le fond de la cuve, l'autre plateau se remplit. Une canalisation en fonte munie de clapets anti-retour permet de monter l'eau dans un château d'eau situé à 37 mètres environ du niveau du ruisseau. Le balancier a ainsi fonctionné pendant un peu moins d'un siècle. Il fut remplacé ensuite par une pompe électrique.
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Le balancier hydraulique fut oublié pendant cinquante et soixante ans.
Autour du bâtiment du XVe siècle qui l'abrite, la végétation contribua
à cet oubli. Elle envahit même le bâtiment protégeant la machine des
récupérateurs de métaux et autres vandales.
Dans les années quatre vingt dix, un érudit local, Monsieur Guy RENAUD,
ouvrit la porte du local délabré, comprit l'intérêt de cette machine et
put convaincre mon prédécesseur, Monsieur Pierre DUPONT, de l'intérêt
d'une réhabilitation. Un de mes anciens collègues universitaires,
Monsieur Pierre MARCHÉ, étant Directeur de l'Ecole Nationale Supérieure
de Bourges, eut la gentillesse de mettre à notre disposition deux
étudiants qui préparèrent efficacement cette remise en état.
En
2001, ils soutinrent d'ailleurs in situ leur mémoire dans la salle des
fêtes de Châteauroux devant un auditoire passionné d'une centaine de
personnes. C'est ainsi que put commencer en 2002 la restauration du balancier hydraulique, prise en charge par la Communauté de communes Val de Cher Saint Aignan que je me propose de vous présenter.
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