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L'eau dans notre histoire, formes, usages, évolutions
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Par
Elisabeth TROTIGNON
Chargée de mission
environnement et paysage
à la D.A.T.E.E.R. du Conseil général de
l'Indre
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L'eau est partout, depuis toujours : en creusant les vallées, elle a fixé la trame de nos paysages ; en sortant à fleur de terre, en courant dans les ruisseaux et les fossés, elle a retenu et ancré les populations dans un territoire, participé au dessin des villages, contribué à l'organisation de l'espace. Mais elle a aussi érodé les roches, - et continue à le faire - affouillant les plus fragiles, impuissante devant les plus solides : « reuilles » du Boischaut Nord et « buttons » de Brenne, ces creux et ces pleins, c'est elle qui, en partie, aide à les révéler.
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Au cours des siècles, elle fut domestiquée : en témoignent les étangs, créés à partir du Moyen Age, et pas seulement en Brenne ; en témoignent aussi les moulins, utiles de différentes manières : moulins à blé, à tan, à foulon, à drap ; en témoignent encore les lavoirs pour le linge, les puits pour la boisson, les mares pour l'abreuvement du bétail, parfois le rouissage du chanvre et du lin. Temps où l'eau était précieuse.
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Aujourd'hui, l'eau reste bien évidemment utile mais elle se comprend aussi de façon autre : elle est entrée dans le temps des loisirs, de la biodiversité et du patrimoine.
Lavoirs et puits jalonnant nos sentiers, sources négligées, parfois perdues, parfois restaurées, pêcheries et fontaines attirent habitants et touristes, en quête de racines, de souvenirs, de stabilité.
Ces éléments reviennent au goût du jour, prenant une dimension qui n'est plus celle des lavandières ou de l'eau tirée au puits mais plutôt celle d'un patrimoine que l'on aimerait conserver, valoriser.
Mais pour qui, pourquoi et comment ?
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De même, les grenouilles coassant dans les mares, les libellules flirtant avec l'eau ou les canards nichant près d'une touffe de roseaux nous disent aujourd'hui que l'eau reste une précieuse source de vie : pour eux-mêmes mais aussi pour nous, tant ils sont garants d'une certaine biodiversité dont l'eau constitue, avant toute chose, la pierre angulaire.
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La perception de l'eau, comme ses usages, a donc bien évolué dans le temps.
Si l'eau a laissé son côté « domestique », derrière des lavoirs révolus, des mares ou des fontaines qui ont perdu leur utilité originelle - sa domestication d'antan nous laissant quelques beaux témoignages d'un savoir-faire paysan partout confirmé -, elle s'appréhende aujourd'hui sur la base d'un regard différent.
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C'est pourquoi, si ses fonctions premières restent inchangées - l'eau qui se boit, qui draine, qui irrigue... - elle se place désormais sur un autre registre : celui du patrimoine, de la biodiversité, de la nature, tous éléments qui peuvent intégrer une politique de développement communal, de valorisation de l'espace.
Et, dans ce domaine, le département de l'Indre possède de beaux atouts.
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