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Blessures d'archives, rêve d'éternité...en savoir plus
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Drôle d'idée que de présenter des pièces mutilées, rongées, déchiquetées, vandalisées !
Serait-elle dictée par le pessimisme ou par le sentiment d'une irrémédiable destruction ?
Pas du tout. Car la main de l'homme peut restaurer ce que le temps, les
insectes ou le vandalisme ont endommagé, et le travail patient et
précis de l'archiviste fait réapparaître des témoins privilégiés de notre passé, des pans de notre mémoire.
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Le grenier de notre maison familiale, d'une mairie rurale, d'un
notaire, d'un palais de justice, c'est l'image du grenier de notre
mémoire, où s'archivent, s'estompent ou réapparaissent les souvenirs :
documents anciens dont l'examen ou la conservation sont remis à plus
tard côtoient dans la poussière les meubles et accessoires inutiles,
vieux journaux. Monter au grenier, c'est se rapprocher du coeur d'un mystère d'abandon, d'enfouissement, de régression et d'intimité.
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Mais il faut bien un jour une décision de rangement, pour faire la part de ce qui appartient à la mémoire et doit faire l'objet d'une conservation définitive, et de ce qui relève de la déchetterie.
Décision qui ne doit pas être prise à la légère, et qui nécessite parfois le recours à un professionnel des archives.
Comme un médecin, l'archiviste, une fois la conservation décidée, doit définir des traitements préventifs et curatifs.
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Il cherche à obtenir d'abord de bonnes conditions de conservation : propreté des locaux pour éviter le développement de micro-organismes, bonne ventilation, maintien de conditions climatiques stables : température à 18° C, humidité de l'air à 55%, absence de lumière.
Le conditionnement des documents dans des boîtes en carton non acide les préserve des chocs, de l'humidité et de la poussière.
Enfin la communication de copies (photocopies, microfilms, images numériques) préserve les originaux les plus fragiles et évite qu'ils ne se dégradent rapidement par des manipulations excessives.
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Les Archives départementales de l'Indre, en retard sur leurs voisins,
ont peu utilisé le microfilm, mais ont beaucoup développé leur collection d'images numériques.
Lorsque l'état civil sera communiqué aux amateurs de généalogie sous
forme numérique, ce sera 21 000 communications annuelles en moins
(chacune supposant la sortie, la consultation en salle et le retour sur
les rayonnages), ce qui permettra à nos registres très fatigués de « se
reposer » !
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Traitant les archives endommagées,
le restaurateur renforce par un doublage en papier japon les documents
fragilisés : la cause en est l'acidité de l'encre ou du papier
(journaux), un séjour prolongé à l'humidité avec la présence d'insectes
ou de moisissures.
La restauration vise à stopper les dégradations et à restituer au document son état fonctionnel,
tout en respectant son intégrité : opérations souvent longues et
minutieuses réalisées après étude associant le conservateur et le
restaurateur.
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Des reliures nouvelles, qui conservent le cas échéant les éléments intéressants des reliures anciennes, protègent les registres.
Les entreprises spécialisées qui font ce travail pour les services
d'archives sont en quelque sorte l'hôpital de ces grands malades que
sont nos registres d'état civil, nos minutes notariales ou nos
cadastres.
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Notre mémoire est fragile, mais nous avons les moyens de l'entretenir pour transmettre aux générations futures la compréhension du quotidien de leurs précédesseurs.
Fragilité... perennité... deux caractéristiques de notre patrimoine écrit et finalement de notre humaine condition...
Marc du POUGET
Directeur des Archives départementales et du Patrimoine historique de l'Indre
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