Issu d'une famille de petite noblesse, Paulin Girard de Vasson
(1839-1923) est le fils d'un procureur du Roi à La Châtre, puis à
Châteauroux. Comme son père, il est de convictions républicaines
s'engage dans la magistrature : après avoir été subsitut du procureur
impérial à Cosne-sur-Loire, il est nommé procureur à Châteauroux, puis
à La Châtre.
Mais il démissionne en 1873, ne pouvant supporter le
régime de " l'Ordre Moral", et devient avocat. Il est réintégré comme
président du tribunal d'Issoudun en 1877.
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Car ce magistrat de bonne famille est non-conformiste, et même
libre-penseur, caractéristiques auxquelles il ajoute la tolérance et
l'humour. Est-ce pour éviter les somnolences qu'engendrent inexorablement les
audiences pesantes et interminables du tribunal ?
Ou bien pour meubler
les loisirs d'un avocat sans causes ?
Toujours est-il qu'il croque avec
talent et verve le microcosme politique, judiciaire et populaire de La
Châtre.
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Les autorités du parti conservateur, ce sont le sous-préfet Paul
Boiteau (1873), raidi dans son uniforme, ou son successeur Edouard
Fougère (1876), avec des cornes et une coquille d'escargot, « rampant
et répandant sa bave ».
Il le reverra, après les ministères d'« Ordre
Moral », ayant troqué l'uniforme de sous-préfet contre la robe
d'avocat au barreau d'Issoudun et son impartialité de président sera
mise à rude épreuve !
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Mais le politicien le plus dangereux, c'est le député bonapartiste
Etienne Vaissière de Saint-Martin-Valogne, maire de Cluis, serpent
tentateur enroulé autour d'un arbre, d'une rare longévité politique
(1876-1906).
A côté de ces personnages, le maire républicain de La
Châtre, Philippe Decourteix, avocat peu commode, inspire confiance !
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Naturellement, ce sont surtout les magistrats, avoués ou avocats qui
apparaissent sous le crayon ironique de Paulin : le juge aux paupières
baissées dans un état de demi-somnolence, le président du tribunal
impénétrable et solitaire, ou bien conversant avec son voisin de
droite, tandis que son assesseur de gauche dort du sommeil...
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....de la justice ! Dans la salle l'avoué jeune et timide, Me Doré, attend son tour, bien différent de son prédécesseur, Me Bidron,
qui pêche les affaires en eau trouble ! Cependant le jeune substitut du
procureur Guinon, tête baissée, l'air terrible, médite un réquisitoire
sans indulgence contre le prévenu.
Les notables pourraient être des marionnettes de Nohant : l'homme
cérémonieux aux gants jaunes qui s'incline, chapeau bas, l'homme pressé
qui passe, un dossier sous le bras, la femme du président du tribunal,
d'un embonpoint majestueux digne de Louis XIV
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Le caricaturiste est complice pour Gabriel Planet, futur sous préfet de
La Châtre, qui gesticule, apercevant à peine son interlocureur derrière
ses grosses lunettes.
Il est moins indulgent pour le vaniteux satisfait
et creux comme un mauvais melon, ou pour le commandant Bodin,
représenté de profil avec sa barbiche en pointe, pointe qui, vue de
face, trempe dans un litre d'absinthe...
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Paulin n'a pas oublié le garde-champêtre Colin, fusil et parapluie en
bandoulière, censé faire respecter la propriété et l'ordre dans la
campagne, mais dont les cornes de chèvre ne disent que trop le
caractère capricieux.
La « République de La Châtre » est bien pittoresque, et Paulin de
Vasson a la même verve que son ami Maurice Sand, l'immortel auteur de «
La Rosière de Viremollet ».
Marc du POUGET Directeur des Archives départementales et du Patrimoine historique de l'Indre
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Découvrez la galerie Paulin de Vasson :
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