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Itinéraire à travers l'histoire du bâtiment des Archives départementales de l'Indre
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C'est la loi du 9 août 1879 qui rendit obligatoire la création d'une école normale de filles dans chaque département. La construction des bâtiments devait avoir lieu dans un délai de 4 ans avec des subventions d'État et des prêts gérés par une caisse spéciale.

Mais la majorité conservatrice du Conseil général, opposée à la majorité républicaine qui venait de conquérir le pouvoir à Paris, était hostile à l'enseignement laïc, et qui plus est, pour les filles. L'actualité politique était alors consacrée à l'oeuvre scolaire de Jules Ferry (1879-1885) et à l'expulsion des congrégations religieuses (1880).

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En 1881
, le préfet proposa à l'assemblée départementale d'acheter le collège Saint-Pierre (futur Léon XIII), mais aucun accord ne put intervenir avec la société propriétaire de l'immeuble. L'année suivante, la ville de Châteauroux offrit un terrain boulevard de Cluis : après de nombreuses tractations, on préféra une contribution financière, fixée à 30, puis 25 annuités de 2000 F.

En 1885, le conseil général décida l'achat d'un hectare de terrain entre le boulevard Saint-Denis et la rue de Fonds (de Strasbourg). C'est, dit l'historien des écoles normales de l'Indre, un emplacement « désert, éloigné du centre, difficile d'accès, dans un fonds humide appelé « La Vallée ».

À 10 m, de la future façade, le fossé d'octroi, plein d'eau stagnante, mêle ses relents aux émanations de la manufacture des tabacs, aux fumées du dépôt des locomotives ». 


La construction est l'oeuvre d'Henry Dauvergne, architecte départemental : bâtiment sobre en forme de H composé d'un corps central et de deux ailes en retour desservies côté jardin par de grandes arcades en plein cintre.

Le style dominant est le néo-classique (chaînages de pierres, encadrements de fenêtre), avec quelques rappels néo-gothiques (lucarnes).


Construit à l'économie, le bâtiment mis en service le 6 octobre 1889 révéla vite de graves défauts : le vent s'engouffrait par les arcades (qui ne furent vitrées qu'en 1893), l'humidité du terrain n'avait pas été corrigée et des travaux de drainage et d'assainissement s'avérèrent vite nécessaires : les caves étaient inondées, les fosses d'aisance suintaient dans les caves, empestant la maison.

L'inspecteur d'académie dénonça son « architecture détestable » (1892).

De son côté le conseil général protestait contre les surcroîts de dépense imposés par le ministère de l'instruction publique (1896).


Ressemblant au collège Léon XIII et à l'école normale d'instituteurs, le nouveau bâtiment évoque un couvent,  avec son cloître.

Malgré le parti pris de laïcité, la vie des 3 classes de 11 ou 12 élèves et des professeurs était toute monacale :

lever à 6 heures, « entretien moral », étude, petit déjeuner, cours (8 h -12 h), repas, récréation (dans les galeries), cours (13 h - 16 h 30), goûter, étude, dîner, coucher (20 h 30) ; repassage le jeudi matin, sortie en groupe l'après-midi, messe le dimanche.

Des aménagements eurent lieu progressivement.

De 1914 à 1918, le bâtiment fut affecté en partie à un hôpital militaire.

Des travaux de modernisation furent entrepris après la guerre pour faire face à l'augmentation des effectifs.


Les transformations pédagogiques conduisirent à la fusion des deux écoles normales à la rentrée scolaire 1975-1976, et au regroupement dans les locaux plus importants de l'École normale de garçons en 1979.

Les locaux furent alors occupés par le CDDP (Centre départemental de documentation pédagogique), par la bibliothèque départementale de prêt, et diverses oeuvres scolaires, dont la FOL (Fédération des oeuvres laïques), tandis que les cuisines et le réfectoire étaient utilisés par les élèves de l'école voisine Jean Zay, grâce à une convention passée avec la mairie de Châteauroux.

En 1994, le site de l'ancienne École normale de Filles, libéré de ses occupants, fut retenu pour abriter les nouvelles Archives départementales (alors dans un ancien bâtiment au 32 rue Vieille Prison). En 1995, eut lieu la définition du programme, concours qui sélectionna l'équipe d'architectes SAREA (Alain Sarfati et associés) avec J.-P. Broquet pour la maîtrise d'oeuvre de réalisation.





Depuis janvier 2004, l'ancien bâtiment de l'école normale de jeunes filles est devenu le nouveau domicile des Archives départementales de l'Indre.

Le bâtiment comprend désormais une nouvelle partie spécifiquement réservée à la conservation des documents, conforme aux normes de sécurité.

La partie ancienne du bâtiment a été restaurée en 2008, nous vous invitons à une visite virtuelle du chantier.